L’arthrose de hanche (coxarthrose) est affection articulaire qui apparait généralement après 50 ans et reste l’indication la plus fréquente de prothèse totale de hanche lorsque la gêne fonctionnelle est importante et que le traitement médical n’est plus efficace.
D’autres affections peuvent nécessiter la pose d’une prothèse totale de hanche : fracture du col fémoral ou ses séquelles, séquelles de malformations infantiles, rhumatismes inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante), ostéonécrose de la tête fémorale ou lésion fragilisante de l’os (métastase osseuse).
A retenir / Messages clés :
- La prothèse de hanche est une intervention qui permet, dans la majorité des cas, une récupération complète et sans douleur à 6 semaines.
- Le risque de luxation dépend essentiellement de la position des implants.
- La pose d’une prothèse de hanche se veut aujourd’hui définitive. L’usure et la reprise pour changement nécessaire à 10 ou 15 ans n’est plus d’actualité.
Quelles sont les indications d’une prothèse totale de hanche ?
L’arthrose de hanche, ou coxarthrose, concerne une population très hétérogène allant de patients très jeunes (30 ans) et des patients très âgés (> 90 ans). Il n’y a pas de facteurs de risque clairement identifié, néanmoins les anomalies architecturales (dysplasies) peuvent entrainer des formes précoces d’arthrose de hanche. Contrairement à l’arthrose de genou, la coxarthrose peut-être assez vite mal tolérée et responsable d’un handicap fonctionnel majeur. Les traitement médicaux (infiltrations, rééducation et antalgiques) sont assez peu efficaces. Les douleurs sont souvent localisées au niveau de la racine de cuisse et irradient fréquemment vers le genou. Certaines formes de coxarthrose sont dites d’évolution rapide du fait de la rapidité de la destruction articulaire en quelques mois.
La prothèse de hanche est une des interventions dont le service rendu est le plus remarquable en chirurgie. Les chirurgiens orthopédistes ayant été confrontés à des patients jeunes totalement handicapés par leur hanche ont su développer au fil du temps une prothèse qui a évolué et qui aujourd’hui apporte non seulement une satisfaction importante mais aussi longévité qui permet de d’espérer une intervention définitive.
Les autres indications de prothèse de hanche sont les ostéonécroses de la tête fémorale qui concernent généralement des patients jeunes et actifs. Les rhumatismes inflammatoires tels que la polyarthrite rhumatoïde ont largement régressé dans les indications du fait de nouveaux traitement médicaux efficaces. Enfin, la fracture du col fémoral reste également une indication de prothèse de hanche en urgence.
Avant l'intervention
La consultation chirurgicale
Elle intervient généralement lorsque la douleur et les difficultés à la marche deviennent incompatibles avec une vie normale.
Cette consultation permettra de faire le point sur votre état de santé général, votre éventuel traitement, votre situation fonctionnelle et sociale et vos attentes.
L’examen clinique et l’analyse de vos examens radiologiques permettront de confirmer le diagnostic. L’indication chirurgicale sera décidée conjointement avec le patient et éventuellement ses proches.
Une fois les modalités et les risques inhérents à l’intervention expliqués, le type de parcours sera décidé avec le patient. La prothèse de hanche, lorsque les conditions médicales et sociales le permettent, est de plus en plus souvent compatible avec une prise en charge ambulatoire.
La programmation
Elle aura lieu dans la foulée de votre consultation chirurgicale avec mon assistante Sylvie. Elle vous guidera tout au long de votre parcours et pour vos démarches administratives.
Plusieurs documents et ordonnances vous seront remises. N’ayez crainte tout vous sera expliqué et l’on vous guidera.
La consultation d’anesthésie
La consultation d’anesthésie aura lieu idéalement 2 à 3 semaines avant l’intervention. L’anesthésiste reprendra vos antécédents et votre éventuel traitement. Il est important de se munir lors de cette consultation du résultat de votre bilan sanguin prescrit lors de la programmation et de vos éventuels documents médicaux en lien avec une pathologie connue (cardiaque par exemple).
Le type d’anesthésie et le type de parcours seront discutés et validés. En cas d’anémie, il vous sera proposé une optimisation de celle-ci afin d’éviter tout risque de transfusion et pour améliorer vos suites opératoires.
Cette consultation peut être faite en présentielle ou en visio, à votre convenance.
L'intervention
L’hospitalisation
L’hospitalisation a lieu à la clinique Drouot Rémusat ou à la Clinique du Sport. L’ensemble du personnel médical et paramédical sera présent pour vous accueillir, vous préparer et prendre soin de vous durant vote séjour.
Le type d’anesthésie
Le plus souvent il s’agit d’une anesthésie générale. La rachianesthésie (piqure dans le dos qui permet d’endormir les jambes) est également possible si les conditions médicales le justifient.
Afin de contrôler au mieux les phénomènes douloureux post opératoires, lors de votre réveil si celui-ci est douloureux, il est possible que l’anesthésiste procède à une anesthésie loco-régionale en infiltrant sous contrôle échographie les rameaux nerveux donnant la sensibilité de la hanche.
L’intervention
L’intervention dure environ 1 heure. L’objectif est d’être le moins invasif possible tout en veillant à positionner les implants de manière optimale de façon à ce que la pose de la prothèse soit définitive.
L’incision cutanée mesure entre 5 et 7 cm pour les patients de corpulence dite normale.
L’intervention se déroule en 3 temps :
- La luxation et la coupe du col fémoral qui se fait en respectant une planification établie en pré opératoire.
- La préparation du cotyle (versant bassin de l’articulation de la hanche) et la pose de l’implant qui correspond à une hémisphère qui vient se loger taille pour taille dans le cotyle natif du patient. Sa position doit être contrôlée dans les 3 dimensions.
- La préparation du fémur qui consiste à travailler l’intérieur du fut fémoral afin d’y implanter une tige qui viendra s’y caler. Là aussi la position de cette tige est importante. Avant d’implanter une tige définitive, un testing est effectué afin de s’assurer de la bonne stabilité de la prothèse et de l’absence d’inégalité de longueur.
Différents types d’implants et de combinaisons entre eux sont possibles afin de répondre à chaque morphotype et à chaque demande fonctionnelle.
Après l'intervention
Après votre intervention, vous serez surveillé(e) en salle de réveil.
L’équipe veillera particulièrement à votre douleur, à votre vigilance et à la prévention des nausées et des vertiges. Cela permettra de vous proposer de vous mettre assis(e) au bord du brancard puis debout pour faire quelques pas. Ce levé précoce dans de bonnes conditions prévient les complications thrombotiques (phlébite) en stimulant la circulation sanguine des jambes et apporte une certaine réassurance sur le bon déroulé de l’intervention et la capacité à se mobiliser.
Vous serez ensuite transféré(e) dans votre chambre où vous aurez une collation. Le kinésithérapeute viendra vous voir et vous accompagnera dans votre reprise d’autonomie immédiate. L’équipe paramédicale prendra soin de vous et vous expliquera comment gérer vos suites opératoires.
Après l'hospitalisation
Il est recommandé de respecter une période de convalescence. Ainsi, durant les 2 premières semaines il est recommandé de respecter sa fatigue en se reposant régulièrement, en prenant soin de sa douleur (en prenant les médicaments prescrits) et de sa cicatrice et de marcher régulièrement de courte distance.La prescription de kinésithérapie après la pose de prothèse de hanche n’est pas obligatoire et est réservée aux patients ayant un handicap particulier ou qui exprime une certaine appréhension.
L’évolution est variable selon les patients mais généralement la marche sans canne à domicile est possible après la 2ème semaine.Il est normal qu’il y ait de l’œdème au niveau de la jambe et de la cheville opérée pendant plusieurs semaines. Il est normal qu’il ait des douleurs même après le 1er mois. Le plus important est que cette douleur suive une trajectoire favorable, c’est-à-dire qu’elle diminue tranquillement.
Dans tous les cas vous aurez la possibilité de nous joindre par téléphone ou par mail.
Les complications
Comme toute intervention chirurgicale, la pose d’une prothèse totale de hanche comporte des risques.
Les principaux sont les suivants :
- L’infection du site opératoire : complication rare (1à 3%), elle se manifeste en général vers la 3ème semaine post opératoire par une douleur, une cicatrice rouge et chaude, parfois suintante. Cela peut s’accompagner de fièvre. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à nous recontacter.
- La luxation : c’est le déboitement de la prothèse. Là aussi, complication rare qui intervient généralement après un faux mouvement. Elle nécessite une ré-hospitalisation pour réduction sous anesthésie générale.
- L’inégalité de longueur qui peut nécessite une réintervention.
- Lésion nerveuse ou vasculaire pendant l’intervention (exceptionnelle).
- Fracture autour de la prothèse.
- Complications médicales : phlébite, embolie pulmonaire, hématome, infarctus, AVC…
Questions fréquentes
Faut-il attendre un certain âge pour être opérer d’une prothèse de hanche ?
Non, l’indication est posée par le niveau de gêne fonctionnelle, quel que soit l’âge. En effet, l’adage qui voulait que l’on attende un certain âge afin d’éviter les reprises itératives et les situations d’impasse par perte du stock osseux autour de la prothèse ne tient plus aujourd’hui du fait de l’évolution des implants utilisés.
Existe-t-il une hérédité pour à l’arthrose de hanche ?
Oui l’arthrose de hanche a une composante héréditaire même si elle est parfois difficile de l’établir. Les formes précoces d’arthrose (avant 60 ans) liées à une dysplasie (malformation anatomique) ont souvent un caractère héréditaire.
L’arthrose de hanche est-elle systématiquement bilatérale ?
Non mais cela arrive fréquemment. Cela ne veut pas dire que si l’on se fait opérer d’un côté d’une prothèse de hanche, il faudra obligatoirement se faire opérer de l’autre côté.
Après une prothèse de hanche certains mouvements sont-ils définitivement interdits ? Comme croiser les jambes en étant assis ?
Non. Une certaine prudence est de mise les premières semaines après l’intervention. Mais une fois la convalescence terminée, on oublie peu à peu sa prothèse et on effectue les mouvements le plus naturellement possible.
Il est même parfois possible de refaire du Yoga.
Docteur Frédéric Zadegan – chirurgien orthopédiste à Paris, spécialiste prothèses de genou et hanche
